Séance plénière avec Jacques-Antoine Malarewicz
Une bonne partie de nos conceptions nosographiques, lesquelles se sont essentiellement formalisées au XIXe siècle, trouvent leurs origines dans la pratique monastique. Entre d’une part, l’hystérie et son cortège de manifestations théâtrales, d’abord mis en scène par les nonnes possédées du XVIIe siècle et, d’autre part l’acédie des anachorètes puis des cénobites, et sa « résurgence » dans le cadre très général de la dépression, s’exprime la fluctuence qui s’échappe des polarités thymiques, à bien des égards rétive à toute classification car, probablement, de manière très intime insérée dans nos référentiels culturels.
À la vague d’hystérisation d’une société, par ailleurs compassée et engoncée dans ses certitudes, qui s’est étendue de la fin du XIXe siècle jusqu’au terme des deux conflits mondiaux succède, de nos jours, le repliement individuel et narcissique dans un monde qui promeut la tension compétitive et la réussite comme valeurs suprêmes. Dans cette succession de paradigmes, qui se présentent comme un gant qui se retournerait sur lui-même, comment comprendre la place de l’hypnose en ce qu’elle tente de renvoyer l’individu à lui-même, dans le paradoxe de la dissociation ?



