Conduites suicidaires, tentatives de suicide, conduites ordaliques: entre dépressivité et passage à l’acte chez l’enfant et l’adolescent.
Mme Sophie Thiroux Ponnou – docteur en psychologie
Symposium – vendredi 17 septembre 2010, de 16h25 à 17h05
Je crois que mon enfant fait une dépression Docteur, qu’en pensez-vous? Voici une phrase fréquemment entendue en consultation. Et dans ce cas, il est important dans un premier temps de restituer à l’enfant le droit d’être triste, le droit de l’exprimer et le droit de pleurer. Qui ne pleure pas et n’exprime rien n’apprend jamais à se consoler en créant sa propre sécurité affective, et de ce fait en la restaurant quand il y a lieu. Se consoler s’apprend aussi comme les mathématiques et le français.
Les conduites suicidaires, les tentatives de suicide et les conduites ordaliques sont des moyens d’expression qui impliquent un échec d’une expressivité saine, une expression du désespoir dans le passage à l’acte plus ou moins lu par l’entourage selon un cortège de symptômes dépressifs (repli, masque de tristesse, chagrin, absence, léthargie, philosophie du « bof », « c’est nul »…)
J’aborderai ainsi ce cortège du syndrome dit dépressif à travers trois situations d’enfants et d’adolescents présentant ce type de symptomatologie et qui ont pratiqué la thérapie marionnettique, thérapie d’inspiration analytique qui permet aux jeunes d’extérioriser leurs affects conscients et inconscients de quelque nature qu’ils soient, en favorisant des multidissociations curatives car permettant l’existence de sentiments et vécus contradictoires. L’énergie de l’inconscient circulant mieux, le passage à l’acte destructeur n’est plus nécessaire au profit de passages à l’acte constructifs dans l’envie et le désir pour eux soi et avec les autres.
La présentation des trois vignettes cliniques a pour objectif de montrer que les « dépressions » diagnostiquées chez ses patients étaient en fait des états de dépressivité, états plus ou moins dépassés, sclérosés ou non, mais surtout « dépassables » et surtout non annonciateurs d’une vie d’adulte dépressif, comme c’est souvent le cas quand le chemin de la voie médicamenteuse est prise à ces âges !!!




