La dépression : aussi utile qu’une fièvre ?

Ce mois-ci, dans Cerveau & Psycho, un article qui tend à montrer que la dépression est une réaction adaptative utile et apparait lors des situations complexes que le sujet ne sait pas résoudre naturellement. Les ruminations focalisent toute l’énergie mentale vers la difficulté jusqu’à ce qu’une nouvelle capacité apparaisse.

Nous trouvons ici – avec des arguments neuro-pyschiques – toute la logique que je développe depuis une dizaine d’années avec un langage un peu différent : changement de cycle de vie, manque de solution, chaos adaptatif, changement et solution, phase de maturation… La proposition des auteurs est d’accepter et même de valoriser ces ruminations si utiles! Comme je le dis à certains patients : « Vous avez de la chance, c’est une dépression! » Dans cette perspective sans fin, la dépression chronique est la forme pathologique de ce processus lorsqu’il n’aboutit pas. On peut se demander la responsabilité des stratégies médicamenteuses qui visent à arrêter ces ruminations et ces phases de dépression positives adaptatives. Références : P. Andrews et A. Thomson, « Les racines évolutives de la dépression », Cerveau & Psycho, 2010 mars-avril ; vol 38 : pp. 68-72